mardi 17 novembre 2015

Noname

J'ai perdu de vue
le ciel horizontal
et arrêté
de rebondir sur ses nuages
je tourne la tête
sans que rien
ne trouve grâce à mes yeux
-
le soir est doux
silencieux
presque théâtral
et
les larmes du monde
me brûlent les paupières
-
Je n'ai parfois plus de poésie
dans le bide
juste des tourments
qui stagnent
et ma lâcheté
qui me fait me demander
« pourquoi les hommes ? »
-
Poètes du monde
vous parlerez tous
mieux que moi ce soir
avec joie ou tristesse
vos mots seront plus vivants
que les miens
car à force de ne pas brûler
d'un seul choix
je meurs à petits feux.

Volez où vous voudrez

On les entends
au loin
insectes sans aile
qui s'envolent furtivement
dans les airs

En meute ou solitaire
ils arpentent le bitume
et font raisonner leur cri
celui de la gomme sur l'asphalte
bruyant
comme un cri de révolte
contre la fin annoncée
leurs ondes font onduler la route
que nos aînés ont construite trop droite
et forcés à suivre

La terre est leur nid
là où le bitume fait des courbes
il tissent leurs arabesques
et font vriller
les aiguilles du compteur
ils tournent encore
et encore
et d'un saut
il récolte le nectar
de l'adrénaline
et des cris de joie

Qu'importe les traces
des chutes
qu'importe
l'essentiel est de voler
le plus longtemps possible
l'essentiel
est de continuer
à ESSAYER
de voler
encore et encore -
faire durer le moment
comme une nuit de fièvre et d'oubli
bercé par le jazz
à New York
ou où tu voudra
Eux savent
il n'y a pas de limite au bonheur
et
qu'importe l’atterrissage
...
il sera dur
dans tous les cas.

samedi 1 mars 2014

Chemins inverses

Je me souviens,
de ton visage innocent,
blond comme les blés d'un champ romain
et de tes yeux verts
emplis de candeur.

J'ai récité un petit poème
écrit dans le petit carnet rouge de ma mère
et au fur et à mesure de ma lecture
je m'apercevais que je te déclarais une flamme
éteinte depuis un temps.

Tu as frémis
dans le silence qui a suit le dernier vers.

Après que nos coeurs aient vibrés à l'unisson,
se réunissant autour d'un baiser 
nous nous sommes couchés sur ton lit
et tu as mis ta chanson préféré.

Une semaine plus tard,
c'est sur ce même lit
que nos deux coeurs
on pris la fuite
dans deux directions opposées.

Troisième oeil

Le monde s'assemble de débris d'angoisse,
il est le résultat de nos peurs -
remèdes, distractions, technologie,
tout est fait pour échapper à la mort.
Les pulsions morbides sont projetées dans nos oeuvres,
comme si la mélancolie était un virus.
L'existence même pousse à la mélancolie,
regardez ces gens qui déambulent,
regardez la beauté des feuilles d'automne qui tombent,
imperturbables,
les matins où la lumière passent à travers les immeubles
et vous emplis le coeur de nuage orangés pourpres.

Le monde vibre de nos chimères,
de nos oedèmes, nos meurtrissures, de nos ulcères -
suintant l'obscurité qui dort en chacun de nous.
On se distrait pour oublier,
on se fonde non pas une personnalité
mais des automatismes régie par la société
métro-boulot-dodo
et abrutissement général des masses.

Nous sommes réglés comme du papier à musique -
Conditionné par l'oeil invisible
qui nous dicte de sa voix autoritaire :
productivité, profit, discipline.
Cet oeil, c'est la somme de nos individualités effrayés par le changement
et la prise de risque
la somme de siècle de pensée judéo-chrétienne.
Cet oeil
est le gendarme spirituel de nos institutions bien pensante
Cet oeil
te plongera dans la dépression et la culpabilité.

Seul les fous marchent
sans cette oeil derrière leur dos.

Sur la route

Parfois, j'aime prolonger la route avant de rentrer chez moi
laisser défiler l'asphalte à l'ombre des lampadaires
et sous le regards des oiseaux de nuit.
Je flirte avec le bonheur
le temps d'une mélodie qui passe à la radio,
souvent un bon jazz
ou un standard pop-rock en accord mineur.
Je fais le tour du pâté de maison dans ma voiture,
je roule sous la vitesse autorisée,
paisiblement
rien ne peux m'arriver
je prolonge l'état de légèreté et de félicité
tant qu'il est là -
avant de retrouver les crampes d'estomac,
les yeux larmoyant,
la peur -
l'enfer.

mardi 29 octobre 2013

Intérieur, nuit

Je range tes affaires dans le living room,
à la lumière de la lampe de chevet que j'ai ramené de la maison.
Je plie tes hauts,
tes pantalons
tes culottes.
Tout est calme dans le studio,
seul la musique que j'ai allumé
laisse une trainé de poudre,
une trainée de brume
qui embaume mon esprit,
comme dans le flot d'une nuit de jazz
dans Manhattan.

Il y a bien un tas de poème,
un tas de fin,
mais à chaque fois que j'écris pour toi,
il n'y a qu'une fin qui sonne juste :
je t'aime.

lundi 7 octobre 2013

Code

Tout semble construit
fondé
exploré
découvert
les cartes sont dessinées
mais certains codes demeurent illisibles
des mystères qui nous animent
des symboles, des langues
encore inconnue
comme si quelqu'un avait le sens exact
la signification
la réponse
aux multiples trous noirs
que les nombreuses questions existentielles
tentent de sonder -
moi j'ai décodé ton coeur
et j'ai trouvé la réponse
que je cherchais.