vendredi 8 juin 2012

Et je file comme une lumière dans le noir qui s'ennuie

Je termine une nouvelle de Bukowski,
il tourne en rond autour d'Hemingway,
des gueules de bois,
des paumés,
des piaules minables
et des courses de chevaux,
mais je l'aime toujours autant ce con.
Je pose le livre
et je croise les bras
pour regarder le spectacle
du ciel qui menace,
des vieux wagons rouillés,
des branches de sapin
qui craquent sous le vent,
des montagnes de caillou,
des ouvriers en bâtiments,
des grues froides
et de la ville glaciale
qui se dessine devant moi.
Puis je descend du train
dans le matin identique
qui n'est pourtant jamais le même
et alors je cherche un soupçon
de vérité.
J'ai fini par le voir
dans les lunettes à double foyer
de l'employer de gare.
J'en étais sur,
lui savait,
il savait
tout et rien -
il avait compris
que la vérité
n'existe pas.

A tout prendre au sérieux, on finit par en rire

Ce n'est pas la guerre
qui sonnera notre fin,
ce n'est pas le réchauffement climatique,
ni la crise financière
ni le calendrier maya.
Non,
le truc c'est qu'on prend tout trop au sérieux,
même le sexe a fini par devenir
un art,
une affaire d'état,
une maladie,
une peur,
un crime.
Pour cela,
nous sommes perdu.

jeudi 7 juin 2012

Je suis noir d'avoir trop de blanc, elle est blanche d'avoir trop de noir

Je pensais croire en la folie
mais je me trompais -
la folie n'a rien de beau
et elle détruit.
Ce à quoi je crois finalement,
cette chose qui me déchire,
qui m'anime,
cette chose qui me rend fou,
cette chose à laquelle je m'attache,
je m'accroche
comme un arapède à son rocher,
cette chose que je m'efforce
de plonger dans les yeux des gens,
cette chose que je lis dans tes pleurs
et dans tes cris,
cette chose qui me manque
tant
et qui viendra sauver
mon âme,
c'est la tendresse.

Chronique de la folie ordinaire

Sans les yeux des folles,
sans leurs jambes qui descendent
sur les rails du tramway
et leurs cheveux
pareil à des champs d'été
pris dans le vent,
agitant dans tous les sens
mes désirs insoumis,
je serais vide
de sens -
mais peut être serais-je
un peu
moins fou.

Mon ombre a plus d'allure que moi

Mon ombre
à vraiment de l'allure,
quel dommage
que je ne puisse rien
en faire.

samedi 2 juin 2012

Sous ses yeux, il manque toujours de l'air

Dans l'allée du cinéma,
je m'avancerai
je lui ferai face
je la prendrai dans mes bras
je jetterai un coup d'oeil à l'horizon
(le dernier)
je la serrerai fort
(elle fera de même)
je lui murmurerai des mots à l'oreille
(mais les mots ne suffisent pas,
ni "je t'aime"
ni "pardon"
ni "promis")
puis je lui donnerai un léger baiser,
tendre et doux.
Un baiser a toujours bonne mémoire.
Alors, je me mettrai à genoux
et je tomberai en pleurs
animé par des spasmes de transe,
les larmes dévalerons l'allée
comment un torrent furieux,
et des cris muets
feront trembler les murs.
Là sous ses yeux
- Ne sachant que faire de mon coeur
et de mes désirs -
la terre m'offrira son abîme
se fissurant sous le poids de l'indécision.
Je plongerai six pieds sous terre,
loin
loin
LOIN

là où tout brûle plus qu'ici
là où mes cendres
font encore des flammes.

Après midi caniculaire

Je transpire de passion
Mes poèmes
sont des gouttes de sueur.